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#science #vulgarisation #Youtube
4 Conseils importants pour faire une vidéo sur Youtube qui parle de sciences avec rigueur et sérieux.

Bonjour, je suis le docteur Dufour.
Je fais cette vidéo à destination des personnes qui voudraient créer une ou plusieurs vidéos de sciences sur Youtube et internet plus en général.
Nous allons voire 4 points qui à mon avis, vous démarqueront rapidement du lot.

Premier point:

J’aime beaucoup les vidéos de Sciences étonnantes, Primum non Nocere, e-penser, Astronogeek, et caetera.
Pourtant, il faut reconnaître que ces créateurs ne respectent pas une notion basique de tout travail rigoureux.
A savoir, citer leur sources.
En effet, ces créateurs ainsi que Mr Sam, le Réveilleur et bien d’autres se content de balancer dans la description des liens vers le plus souvent des pages internet.
ça, c’est de la paresse intellectuelle.
Ce n’est pas citer ses sources, ceci s’appelle du bricolage, et en sciences, on ne fait pas du bricolage.
Quand vous balancez des urls dans votre description, ça veut dire que vous dites à votre spectateur « démerde-toi », t’as qu’à tout lire et deviner par toi même à quelle phrase ou donnée je faisais référence à tel moment de la vidéo ».
En science, on ne fait pas de devinette.
Citer vos sources implique de donner l’information suivante au spectateur : « cette affirmation a été démontrée par tels équipes en telles années dans tel article scientifique, à telle page, et les auteurs ont estimé telle marge d’erreur et telle probabilité, et caetera ».
Certes ce travail de source est très énergivore et chronophage.
Et nous ne le faisons pas juste pour nous la péter et se donner une couche de vernis « made in science ».
Nous devons le faire pour que même après notre mort, le lecteur puisse vérifier une par une toutes les informations qui ont mené l’émetteur à telle ou telle conclusion.
La science est une succession de paradigmes.
Nous savons que nous nous sommes trompés sur pleins de points, que nous trompons encore et que nous nous tromperons encore pleins de fois.
Or, quand un auteur donne ses sources, on peut comprendre 2 mois, 10, 100 ans plus tard pourquoi il s’est trompé.
Par exemple parce qu’il utilisait des données échantillonnées par un outil de mesure qui plus tard s’est révélé défectueux.
Donc, si vous voulez faire une vidéo rigoureuse, à chaque moment, où vous faites appel à une information, vous pouvez par exemple afficher un numéro entre crochets dans un coin de votre vidéo.
Et dans la description, vous écrivez tous les numéros, suivis pour chacun des références de l’article: Auteurs, date, revue, numéro page, et cetera.
Bien sûr, vous pouvez utilisez un générateur de références bibliographiques.
Je vous recommande bibtex de Latek et il existe plusieurs autres outils.
Entre parenthèse, savoir utiliser ce genre d’outils pourra vous ouvrir des opportunités professionnelles et scientifiques.
Je vais peut-être paraître antipathique à certains.
Mais la science, c’est pas un monde gentil et cool.
La recherche de la précision et d’informations fiables implique parfois d’être particulièrement froid et sans pitié.

[1] Cycles glaciaires, paramètres de Milankovitch et CO2 [Analyse] V. Courtillot Part. 3, plateforme: Youtube, chaîne: Le Réveilleur, Ajoutée le 24 oct. 2018, 8 minutes 35 secondes.
https://www.youtube.com/watch?v=n-NJ-B_IIFw

[2] Instructions for Authors, Health Policy and Planning, Oxford Academic, Manuscript format and style for all articles. https://academic.oup.com/heapol/pages/General_Instructions

[3] Charles F. Boudouresque, Recommandations pour un exposé oral, Océanographie du MIO (Mediterranean Institute of Oceanography) et des Ecoles Doctorales d’Aix-Marseille Université, (version 2013). Tout le document.
http://www.mio.univ-amu.fr/~boudouresque/Documents_enseignement/Presentation_orale_Master_2013.ppt

[4] First automatic passive acoustic tool for monitoring two species of procellarides (Pterodroma baraui and Puffinus bailloni) on Reunion Island, Indian Ocean, Olivier Dufour et al., Ecological Informatics, Volume 35, September 2016, Pages 55-60
https://doi.org/10.1016/j.ecoinf.2016.08.004

[5] Doncaster, C. P. (2016). QUELQUES CONSEILS POUR ÉCRIRE UN ARTICLE SCIENTIFIQUE EN ANGLAIS, page 7, paragraphe « IV COMMENT ENTRER DANS L’ESPRIT
ANGLAIS ? ».
https://www.researchgate.net/profile/Olivier_Dufour2/publication/303719319_Quelques_conseils_pour_ecrire_un_article_scientifique_en_anglais/links/574f159b08ae10b2ec0371ed/Quelques-conseils-pour-ecrire-un-article-scientifique-en-anglais.pdf

[6] Fovet-Rabot, C. 2012 Rédiger l’introduction de l’article scientifique en 5 points. Montpellier, France : CIRAD. Pages 3 et 5.
https://coop-ist.cirad.fr/content/download/4831/36281/version/1/file/Rediger-introduction-article-scientifique.pdf

Point 2:

Le Réveilleur essaye au travers de plusieurs épisodes de démontrer que les propos d’un chercheur bien plus expérimenté que lui sont erronés.
Voilà un des graphiques que présente le Réveilleur dans un de ces épisodes.
On y voit de belles erreurs de débutants.
Des erreurs qu’on ne tolère plus à partir du niveau master voire licence.
Je dis ça pour ceux qui veulent faire des études ou des travaux scientifiques.
Il a laissé les titres des axes orientés au format vertical.
Les légendes et les graduations sont mal lisibles parce que trop petites.
C’est à l’émetteur de s’assurer que les informations qu’il utilise dans son raisonnement soient lisibles et vérifiables d’un simple coup d’œil par son audience.
Il faudrait tourner la tête de 90 vers la gauche pour pouvoir lire le graphique que le Réveilleur nous propose.
Résultat des courses, le graphique est illisible et on ne peut pas suivre correctement les propos du Réveilleur.
Dans un article scientifique, il est autorisé de mettre des titres au format vertical parque le spectateur peut retourner sa feuille comme bon lui semble.
De plus, certaines revues scientifiques encouragent les auteurs à produire les articles les plus denses et courts possibles de manière à les rendre plus facilement accessibles aux populations défavorisées avec une connexion internet lente.
Si vous faites une conférence ou une vidéo, vous devez impérativement adapter les graphiques que vous utilisez.
Orientez les textes à l’Horizontal.
Et grossissez les mots au maximum.
Il faut que les gens au fond de la salle, ou les spectateurs de plus de 50 ans puissent lire aussi bien que les jeunes de 20 ans au premier rang.
Sur le graphique du réveilleur, presque un quart de l’image est inexploitée.
Je ne vais pas m’éterniser là dessus car le Docteur Charles Boudouresque a déjà produit depuis belle lurette des manuels gratuits en libre accès pour éviter ce genre de grosses erreurs.
Je vous préviens que si vous appliquez les consignes du Dr Boudouresque, vous avez des chances de devenir une excellent chercheur et ou conférencier.
Et vous allez vous rendre compte que beaucoup de chercheurs sont dépassés et qu’il y a de sacrés vendeurs de fadaises dans certains bureaux d’études.
Je vous mets les liens vers ces documents dans la description sous la vidéo.

Point 3:

Je vois régulièrement des liens wikipédias comme sources.
Il y a beaucoup d’articles passionnants sur Wikipédia.
Ces articles sont censés synthétiser plusieurs informations démontrées notamment dans des articles scientifiques.
Vous ne pouvez donc pas citer un article Wikipedia.
Vous devez aller consulter la référence indiquée par Wikipedia concernant la phrase qui vous intéresse.
Et une fois que vous aurez lu véritablement la source, c’est elle que vous devrez citer.
Parfois vous vous rendez compte que les propos de la sources ont été déformés, interprétés, extrapolés.
Certes, vous perdrez alors ce que vous pensiez être un argument sérieux.
Mais vous rajouterez une information solide dans votre bibliographie.
Et vous vous rapprocherez de votre but: délivrer une information solide.
Pareil avec des forums tels que Futura Sciences.
Vous trouverez moults informations justes et précises dans des articles de Futura Sciences.
Et vous y trouverez aussi beaucoup d’erreurs.
Quoi qu’il en soit vous ne pouvez pas citer un post Futura Sciences.
Vous devez cherchez les références scientifiques de l’article sur lequel l’auteur s’appuie pour déclarer telle ou telle chose dans le post Futura Sciences.

Point 4:

Pour ceux qui auront le courage réel de lire les articles scientifique, ce qui implique de lire de l’anglais scientifique, faites attention à ce qui est écrit dans les parties « Introduction » et « Interprétation ».
Vous risquez de tomber dans le panneau si vous les prenez trop au bien de la lettre.
Dans la partie « Introduction », les auteurs doivent notamment souligner l’utilité, l’originalité et la pertinence de leur travail.
En conséquence de quoi, on retrouve parfois les mêmes arguments d’une publication à l’autre, qui ne sont pas toujours les meilleurs.
Par exemple, les chercheurs en écologie évoquent massivement le réchauffement climatique dans leur introduction.
Et essaient de tisser un lien entre leur travail et la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais le réchauffement climatique est un événement très médiatisé et politisé.
Or, pour les chercheurs, faire les yeux doux aux thématiques médiatisées, c’est une manière de rechercher à péréniser leurs financements.
Il y a donc parfois un conflit d’intérêt.
Dans la partie « Interprétation », les auteurs libèrent un peu leur imagination et se laissent aller à imaginer l’impact de leurs travaux à court, moyen et long terme.
D’expérience, on peut presque tout dire dans la partie interprétation.
ça tient parfois presque plus du roman de science fiction.
Donc ne vous faites pas avoir en prenant pour argent comptant chaque phrase de les parties introductions et interprétations.
D’ailleurs, les parties introductions et interprétations sont écrites généralement en dernier en sciences dures.
Et quand un chercheur expérimenté veut lire un article, il lit en priorité la conclusion.
Parce que c’est dans la conclusion que les auteurs délivrent les résultats concrets et se critiquent eux même de manière assez exigeante.
Pareil avec le résumé.
Le but du résumé est de présenter en 3 phrases les résultats les plus impressionnants sous leur meilleur jour.
C’est la partie la plus putaclick et séductrice de l’article.
Est-ce que vous pourriez envoyer cette vidéo aux personnes de votre entourage qui aiment les sciences s’il vous plaît?
Je pense notamment aux jeunes qui se posent parfois beaucoup de questions sur leur orientation professionnelle.
D’avance merci à ceux qui le feront, c’est grâce à vous que je rencontre l’audience auprès de laquelle je peux partager mon expérience.

Catégories : Sciences

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